ÉQUIPE CANADA - Jeux du Commonwealth de 2022 à Birmingham, Angleterre

Deux Podiums en Cinq Minutes Pour le Canada en Athlétisme

Après un mardi plutôt tranquille chargé de vagues de qualification, plusieurs Canadiens ont disputé des finales aux Jeux du Commonwealth mercredi, remportant les deux premières médailles du pays en athlétisme alors que le soleil se couchait sur le stade Alexander. Voici les principaux faits saillants de cette troisième journée de compétition.

Mitton l’emporte au lancer du poids et permet au Canada de rafler une première médaille en athlétisme

Sarah Mitton s’est présentée au cercle de lancer du poids en vue de son sixième et dernier lancer. Elle était alors au troisième rang, derrière Maddison-Lee Wesche de la Nouvelle-Zélande et Danniel Thomas-Dodd de la Jamaïque. La troisième place qui permet d’obtenir la médaille de bronze, voilà un bon classement à obtenir – à moins que, comme Mitton, vous êtes l’athlète la mieux classée de l’épreuve et la favorite pour décrocher l’or.

À l’opposé des qualifications de mardi, quand Mitton n’a eu besoin que d’un lancer et d’à peine cinq minutes pour se qualifier pour les finales, les rondes de mercredi se sont éternisées pour ses partisans aux prises avec un lourd suspense. La lanceuse de poids classée quatrième au monde semblait moins à l’aise que la veille : elle a commencé par y aller d’un lancer de 17,13 mètres, bien loin de sa marque personnelle et du record canadien de 20,33 m. Elle a ensuite progressivement amélioré son sort d’une ronde à l’autre : 17,33 m, 17,77 m, 17,83 m et 18,29 m. Reste qu’elle ne parvenait pas à en faire autant que la Jamaïcaine et la Néo-Zélandaise.

À sa dernière présence dans le cercle, elle savait qu’elle était la distance à battre pour aller chercher l’or : 18,98 m, meilleur lancer de la journée, réussi par Thomas-Dodd. En jetant un regard vers la surface qui se trouvait devant elle, elle a commencé à tourner lentement sur elle-même, lancé le poids vers l’avant et a lâché son rugissement le plus bruyant de la compétition : OUI !!

Le mesurage a donné une distance de 19,03 m. Elle venait de remporter la première médaille du Canada en athlétisme à ces Jeux – et qui plus est, une médaille d’or. 

« L’objectif d’emblée était d’y aller et de l’emporter, et nous avons réussi, bien que ça ne se soit pas passé comme je m’y attendais, a déclaré Mitton. La compétition a vraiment été ardue au début et j’ai commencé à douter de moi-même au milieu de la compétition, si bien que j’ai fait preuve de trop de retenue… Il s’agit tout simplement de croire en soi. » 

Mitton a indiqué qu’elle tenait absolument à l’emporter à Birmingham après avoir raté le podium de justesse aux Championnats du monde, le mois dernier, et même un épisode de COVID, la semaine dernière, n’a pas fait dérailler ses plans.  

« Être exclue du podium, ce n’est vraiment pas ça que je voulais, a-t-elle affirmé. J’étais pas mal affamée en arrivant ici. Je suis tellement emballée de m’être retrouvée sur la première marche du podium et d’avoir entendu mon hymne national. » 

Gingras obtient le bronze au 100M grâce a un record personnel

Cinq minutes à peine après le lancer qui a valu la médaille d’or à Mitton, le sprinteur Zachary Gingras s’est préparé en vue de la finale du 100 m T37-38. Reconnu davantage pour ses exploits au 400 m après qu’il eut fini sixième dans cette distance aux Jeux paralympiques de Tokyo, le spécialiste des épreuves de fond s’apprêtait à disputer le sprint le plus court en athlétisme. 

Un très bon départ lui a permis de se retrouver dans la même foulée que l’Anglais Shaun Burrows. Ces deux-là ont franchi la ligne d’arrivée en troisième et quatrième places, mais en telle synchronie que Gingras ne savait plus trop qui avait réussi à avoir le dessus.  

Au tableau, il a vu son nom apparaître dans l’espace réservé au coureur de troisième place. Son temps de 11.65 secondes s’est avéré une nouvelle marque personnelle par une marge de 0.18 seconde.

« Après avoir fait le 400 m, ça fait bizarre de courir le 100 m, mais je suis content d’avoir bien performé dans cette course et d’avoir réussi à tout donner.  

« J’imagine que la nervosité s’est avérée une bonne chose – elle m’a poussé dans les 50 derniers mètres, a-t-il déclaré. J’ai entendu ma mère crier dans les gradins et ça m’a donné une bonne petite poussée. » 

Gingras n’était pas le seul sprinteur à s’aligner du côté du Canada. David Johnson a brisé la glace pour les Canadiens vers la fin de la séance matinale. Son temps de 11.80 secondes lui a permis de finir cinquième de sa vague. L’athlète de 23 ans a reconnu que, malgré le fait qu’il en est à la fin d’une longue saison, il espérait obtenir un meilleur classement.

« Ce n’est pas tout à fait ce que je voulais. Je suis un coureur de 400 m, alors je suis venu pour disputer le 100 m », a-t-il indiqué. 

« C’est très différent : au 100 m, il faut davantage pousser à fond, tandis qu’au 400 m, tu as davantage conscience du processus. Je pense toutefois qu’une saison à me concentrer sur le 100 m va m’aider au 400 m, c’est certain. »

Let femmes brillent en ronde préliminaire de 400m

Trois membres de l’équipe canadienne du 4x400 m qui a fini quatrième aux Championnats du monde de World Athletics dans l’Oregon se sont tournées vers l’épreuve individuelle du 400 m à Birmingham – et ont obtenu des résultats étincelants jusqu’ici. 

L’Olympienne des Jeux de Rio Micha Powell a permis à Équipe Canada de bien commencer la journée à l’occasion de la ronde préliminaire du 400 m, mercredi, au cours d’une première vague serrée, quand elle a accédé aux demi-finales en obtenant un temps suffisant, soit 53.13 secondes.  

Kyra Constantine a suivi dans la deuxième vague et a fait lever les partisans canadiens de leurs sièges en s’avérant la première coureuse à franchir la ligne d’arrivée, en 52.04 secondes – le quatrième temps le plus rapide chez les 32 concurrentes en lice. 

« Je n’ai pas eu l’occasion de disputer une course ouverte aux Mondiaux, alors ceci représentait une belle occasion de venir ici… c’était un bon tonique pour la confiance », a déclaré Constantine, qui a atteint les demi-finales du 400 m aux Jeux de Tokyo.

Ensuite, Aiyanna Stiverne a eu l’occasion de faire du Canada le seul pays outre l’Angleterre à qualifier trois de ses athlètes pour les demi-finales. L’athlète de 27 ans a réussi le coup, prenant la deuxième place de la quatrième vague en 53.45 secondes.

« Le but, c’est toujours de passer à travers les rondes, alors j’ai fait le boulot, a souligné Stiverne. Maintenant, il faudra revenir après-demain, accélérer le rythme un peu à l’échauffement afin de me sentir plus alerte, mais voilà une course de faite… on passe à la suivante. »